Accueil de la présidente du parlement chypriote Annita Demetriou
- Catherine DUMAS
- 17 janv. 2024
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 janv. 2024
Mercredi 17 janvier, j’ai eu le plaisir d’accueillir au Sénat Annita Demetriou, présidente de la chambre des représentants de Chypre.
Après l'avoir accueillie au nom de Cédric Perrin, président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, Annita Demetriou a échangé avec les autres sénateurs membres de la commission dans la salle René Monory.
En août 2022, j’ai déjà eu le privilège de la rencontrer à l’occasion de mon déplacement à Chypre, dans le cadre de la préparation d’un rapport sur le réarmement en Méditerranée orientale, un sujet qui reste plus que jamais d’actualité.
En effet, dans cette partie de la Méditerranée, les questions énergétiques et de sécurité sont aujourd'hui essentielles et sont l'enjeu de luttes de puissance, en particulier de la Turquie et de la Russie, qui s'affirment de plus en plus.
Lors de notre échange en commission, nous avons abordé les principaux dossiers d’actualité qui concernent nos deux pays, notamment les relations avec la Turquie, la situation au Moyen-Orient et en Ukraine, et notre coopération bilatérale en matière de défense et de sécurité.
Les relations entre Chypre et la Turquie sont en effet difficiles. Le nouveau président chypriote, Nikos Christodoulides, qui a pris ses fonctions en février 2023, a souhaité relancer les relations avec la partie nord de l’île, et avec la Turquie, dans la perspective de réunifier ce pays, divisé en deux depuis un demi siècle.
La Turquie semble pourtant inflexible : elle exerce une influence croissante sur le nord de l’île, renforce sa présence militaire et instrumentalise le phénomène migratoire. Les difficultés de délimitation des zones économiques exclusives pour l’exploitation des gisements de gaz sous-marins achèvent de complexifier l’équation. Nous avons rappelé que la France reste déterminée à soutenir Chypre et à trouver une solution à cette anomalie sur le territoire de l’Union européenne.
Nous avons également échangé sur l’actualité internationale, tels que la situation en Ukraine et au Proche-Orient. Chypre est en effet un acteur majeur pour la mise en oeuvre des sanctions prises contre l’économie russe. Elle joue également un rôle essentiel dans la crise proche-orientale. Sa proximité avec Israël en a fait une terre d’exil pour les réfugiés de la guerre. C’est également Chypre qui a permis d’obtenir, début 2024, l’accord de principe d’Israël pour la création d’un couloir d’aide humanitaire vers Gaza.
Plus largement, sa position géographique en fait un centre de coordination et une plateforme d’évacuation très sollicitée par de nombreux Etats soucieux du sort de leurs ressortissants, résidant par exemple au Liban. En septembre 2022, les ministres des affaires étrangères chypriotes et français avaient d’ailleurs signé un accord sur la coopération, lors des opérations d’évacuation depuis le Moyen-Orient conduites en cas de crise, via le territoire chypriote.
Nous avons enfin abordé notre coopération bilatérale de sécurité et de défense. Nos deux pays ont signé un accord en la matière en avril 2017, qui est entré en vigueur en août 2020. La marine française effectue des exercices réguliers avec la marine chypriote, parfois conjointement avec d’autres marines européennes. La France fait enfin partie des principaux fournisseurs d’armement de Chypre, et souhaite vivement le rester.
J'ai profité de cet échange pour l'interroger sur les réseaux des passeurs qui instrumentalisent les universités situées au nord de l’île de Chypre dans le but d’accentuer la pression migratoire, une question que j'avais déjà abordée dans mon rapport parlementaire, remis au Sénat en septembre 2022.
Pour consulter le compte-rendu de cette rencontre : https://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20240115/etr.html#toc3
Pour consulter mon rapport parlementaire sur le réarmement dans le bassin méditerranéen : https://www.senat.fr/rap/r21-899/r21-8991.pdf

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